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Conseil Expert

La défibrillation automatisée externe (DAE) :
au coeur des premiers secours

A – Le risque cardiaque et la défibrillation
B – Vous avez dit défibrillateur ? DAE, DA, DSA, DEA etc…
C – Fonctionnement du DAE
D – Formation
E – Législation
F – Principaux textes de lois


Actuellement en France, on dénombre 40 000 à 60 000 morts par arrêt cardiaque chaque année, soit près de 200 morts par jour.
Le taux de survie après un arrêt cardiaque est faible en France : il est estimé à seulement 2 ou 4 % en France contre 20 à 50 % aux Etats-Unis ou dans les pays anglo-saxons.
Pourquoi ? Parce que ces pays ont adopté depuis plusieurs années le défibrillateur automatisé externe (DAE) et l’ont mis à disposition du grand public.
La défibrillation pratiquée par une personne ayant reçu une formation et se situant dans l’entourage immédiat de la victime (proche ou témoin), sauve en effet de nombreuses vies en réduisant le temps d’action des premiers secours à la victime.
Heureusement, le récent décret n° 2007-705 du 4 mai 2007 relatif à l’utilisation des défibrillateurs automatisés externes modifie le code de la santé publique français en permettant l’utilisation des défibrillateurs par des personnes non médecins, sans formation.
Pour les collectivités, il s’agit d’une véritable opportunité pour renforcer la sécurité sanitaire au sein des établissements et sur leur territoire. La mise en place d’un plan de formation des agents publics et du grand public reste un plus.

A – Le risque cardiaque et la défibrillation
Environ 85% des arrêts circulatoires inopinés, non traumatiques, pré hospitaliers, sont la conséquence d’un trouble du rythme cardiaque, une Fibrillation Ventriculaire (FV) chez l’adulte.
La majorité des FV se dégrade spontanément en asystolie (arrêt cardiaque).
La défibrillation électrique est alors susceptible de procurer immédiatement une restauration de l’activité circulatoire spontanée.
La défibrillation – autrement appelée choc électrique externe – consiste à délivrer un courant électrique dans le coeur en cas de troubles du rythme (fibrillation ventriculaire).
Dans l’idéal, la défibrillation doit être réalisée dans les 5 premières minutes suivant l’accident cardiaque, afin d’augmenter les chances de survie. Il faut savoir que le délai d’intervention des équipes d’urgence est en moyenne de 7 à 8 minutes, un délai souvent fatal.
1 minute perdue = 10% de chance de survie en moins !

B – Vous avez dit défibrillateur ? DAE, DA, DSA, DEA…
Le terme reconnu par le Guide National de Référence Premier Secours en Equipe (GNR PSE, Ministère de l’intérieur) est défibrillateur automatisé externe (DAE) ou défibrillateur automatisé (DA) qui est moins précis. Le terme DA est cependant utilisé dans l’arrêté du 3 mars 2006 relatif à l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence.
Attention ! Les DAE regroupent les défibrillateurs semi-automatiques (l’utilisateur presse sur un bouton pour délivrer le choc) et les défibrillateurs entièrement automatiques (l’appareil délivre le choc). Ce terme est également retenu par le ministère de la santé dans le décret du 4 mai 2007.
Voici les autres termes qui existent officiellement en France :
– DSA = Défibrillateur Semi-Automatique
– DEA = Défibrillateur Entièrement Automatique. ATTENTION les canadiens francophones parlent de DEA, ce qui veut dire défibrillateurs externes automatisés.

C – Fonctionnement du DAE
Le défibrillateur automatisé externe (DAE) est un appareil qui fonctionne de manière autonome et permet d’analyser le rythme cardiaque. En cas de battements anarchiques du coeur (fibrillation), il envoie un choc électrique.
Dès que la victime est à terre, et si le DAE n’est pas à portée de main, il ne faut pas hésiter à commencer la réanimation cardio-pulmonaire par un massage cardiaque en attendant de trouver et d’installer le DAE. Il ne faut pas laisser la victime sans assistance en se mettant en quête d’un DAE.

C1 – Massage cardiaque
L’arrêt de la circulation du sang va priver les tissus les plus nobles d’oxygène et de produits nutritifs. Le cerveau est l’organe qui souffre le premier entraînant vite une perte de conscience (ou syncope) avec potentiellement chute et blessure. Cette situation est cependant réversible si l’on agit très vite.
Il faut par tous les moyens rétablir la circulation du sang par un massage cardiaque. La victime étant allongée sur le dos, on déprime fortement le thorax autour de 100 fois par minute. Il ne faut pas hésiter à se mettre à cheval sur le corps et continuer à « masser » en attendant les premiers secours.

C2 – Utilisation du défibrillateur
Il faut défibriller le coeur qui est prêt à repartir d’autant plus facilement qu’il est traité plus tôt. Le défibrillateur fournit à l’ensemble de la masse cardiaque un champ électrique capable d’activer la totalité des cellules restantes activables.
Le défibrillateur est un appareillage électronique et informatique qui charge un condensateur accumulant une quantité importante d’énergie (plusieurs centaines de joules), puis se décharge d’un coup sur ordre entre deux électrodes autocollantes placées sur la victime de façon à ce que le champ électrique englobe la totalité du cœur.
L’automatisme cardiaque reprend alors le contrôle du cœur, la contraction se rétablit, le cerveau est de nouveau irrigué, on assiste au retour de la conscience, le malade est sauvé.
Les 4 étapes de l’utilisateur :
– Allumer l’appareil.
– Suivre les instructions orales et les indications écrites sur l’appareil.
– Placer les électrodes sur la poitrine, (l’une sous la clavicule droite, l’autre sous l’aisselle gauche de la victime).
En cas de fibrillation (battements anarchiques du coeur), l’appareil active automatiquement l’envoi d’électrochocs (défibrillateur entièrement automatique) ou demande à l’utilisateur de déclencher les électrochocs (défibrillateur semi-automatique).
– Alerter les secours (15, 18 ou 112).
Attention :
Le défibrillateur automatisé externe ne doit être utilisé qu’en cas d’arrêt cardiaque.
Ne touchez jamais la victime pendant que l’appareil effectue l’analyse du rythme cardiaque ni pendant les chocs électriques.

C3 – Le défibrillateur automatique « grand public »
Le défibrillateur commence par analyser l’ECG recueilli par les même électrodes larges qui vont servir à la défibrillation. A partir de là, un logiciel inclus dans le microprocesseur qui équipe le défibrillateur va confirmer qu’il s’agit bien d’une fibrillation ventriculaire et indiquer par un petit haut parleur qu’il faut effectivement appuyer sur le bouton, bien visible, qui va déclencher le choc. Avec les défibrillateurs 100% automatiques, le choc est administré automatiquement après alerte sonore.

D – Formation
Le décret du 4 mai 2007 n’impose pas de formation car l’utilisation des DAE est facile et automatisée avec des messages simples et parlés pour que tout à chacun puisse l’utiliser et sauver des vies.

Pour les entreprises, les collectivités et les administrations qui souhaitent mettre en œuvre des formations pour leur personnel ou pour le grand public, une formation courte est suffisante.
Les formations plus longues sont possibles mais pas forcément utiles : de la même manière qu’il n’est pas question de faire suivre au public une formation de pompier pour utiliser un extincteur, le public présent (travaillant) dans un lieu où il y a un défibrillateur ne doit pas nécessairement être formé aux premiers secours.
L’utilisation des DAE peut être validée par une formation actuellement incluse dans la formation de secouristes PSE1 et PSE2 (premiers secours en équipe).
Elle est, dans une version simplifiée, au programme de la nouvelle AFPS (Attestation de formation aux Premiers Secours) reconnue par l’État. Il s’agit d’un diplôme de base en matière de secourisme (10 heures) qui inclut l’utilisation des DAE mais qui est beaucoup plus complet.
Plusieurs autres formations existent : IPS = Initiation aux Premiers Secours (1 h 30) et le BEPS = Brevet Européen des Premiers Secours.
À l’issue de la formation, le témoin sera capable de reconnaître l’arrêt cardio-respiratoire (cœur et respiration), de donner l’alerte, d’effectuer les gestes adaptés pour maintenir la victime en vie et de limiter l’aggravation de son état. En attendant, les municipalités peuvent organiser des démonstrations pour promouvoir la défibrillation automatisée auprès du personnel des différentes structures.

L’objectif est de :
– connaître la chaîne de survie,
– reconnaître un arrêt cardio-respiratoire,
– savoir pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire,
– découvrir l’utilisation d’un défibrillateur.

E – Législation
Jusqu’en mai dernier, les DSA (défibrillateurs semi-automatiques) étaient seuls cités dans la législation française. Le personnel non médecin n’était pas autorisé à les utiliser. Seul le personnel de santé formé l’était.
Cette spécificité française a disparu au profit du terme défibrillateur automatisé externe (DAE), comme cité dans le GNR PSE. Les défibrillateurs automatisés sont aujourd’hui autorisés pour toute personne non médecin.

F – Principaux textes de lois
Décret n° 2007-705 du 4 mai 2007 relatif à l’utilisation des défibrillateurs automatisés externes par des personnes non médecins et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires).
Proposition de loi N° 2486, présentée à l’Assemblée Nationale le 13 juillet 2005 tendant à généraliser l’accès public aux défibrillateurs automatiques et à la formation à leur utilisation.
Note d’information du 25 mars 2002 et circulaire du 15 novembre 2002 relatives aux formations de Premiers Secours.
Décret du 11 février 2002 inclut le DSA dans le rôle propre de l’infirmière (IDE).
Arrêté du 10 septembre 2001 inclut le DSA dans la formation des secouristes (AFCPSAM, CFAPSE).
AFCPSAM (Attestation de Formation Complémentaire aux Premiers Secours avec Matériel),
CFAPSE (Certificat de Formation aux Activités de Premiers Secours en Équipe).
Décret numéro 2000-648 du 3 juillet 2000 paru au JO du 11 juillet 2000 page 10498, complète le décret de 1998.
Arrêté du 4 février 1999 relatif à la formation des personnes non médecin.
Décret numéro 98-239 du 27/03/1998 fixe les catégories de personnes non médecins habilitées à utiliser un DSA.

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